L'Elisabethville, est un steamer de la Compagnie Belge Maritime du Congo. Il a quitté le 18 août 1917, Matadi en direction de Faimouth, puis Anvers, son port d'attache.

Construit en 1910, à Glasgow, par les chantiers Stephens & Son Ltd, il jauge 7017 tonneaux pour 127m de long, 16.9 de large et 7.8 de tirant d'eau.
Il était propulsé par un moteur à quadruple expansion qui développait 568 nhp.
Le majestueux liner a embarqué 41passagers, 13 officiers et 160 membres d'équipage, (dont 52 Français), en majorité des Africains. Au départ de Matadi, le paquebot est placé sous l'autorité du commandant Lemans. Le canon de trois pouces, servi par deux artilleurs de la Royal Navy, dont la compagnie a doté son paquebot, n'est là que pour rassurer les passagers . La meilleure défense du navire reste sa vitesse, 15 nœuds, bien supérieure à celle des U-boote allemands.
A la veille du premier conflit mondial, la "compagnie belge maritime du Congo", souhaitant abaissé le temps de voyage à 18 jours seulement, fait construire deux autres paquebots; le "Albertville 4" de 7745 tonnes, lancé en juin 1912 par les chantiers Cockerill à Hoboken, et le "Anversville 2" de 7694 tonnes, livré en août 1912 par les chantiers de MM. Alex. Stephen & Sons Ltd à Glasgow.

Curieusement le 6 Septembre 1917 vers midi, une message radio, demande au paquebot de ne pas suivre la route H 172 initialement prévue le faisant naviguer par les coureaux de Belle-ile et à l'intérieur de la baie de Quiberon, mais d'emprunter la route A100 , route côtière Française, sans descendre sous le parallèle 46°45'.

A 13h30, la silhouette du sous-marin Allemand est identifiée par le capitaine en second Hiernaut. Malgré une manœuvre désespérée du commandant qui essaya d'éperonner l'attaquant, une torpille lancé par le tube arrière, suffira pour immobiliser le liner qui sera touché par le tribord arrière. Le u-boat qui vient de porter un coup fatal à l'Elisabethville n'est autre, que le UC71, commandé par l'OberLt. Reinhold Saltzwedel. 14 hommes d'équipage périront dans le torpillage, le reste des passagers et du personnel sera secouru par le patrouilleur V30 qui se trouvait au moment de l'attaque près d'Hoëdic, au Grand Cardinaux.

A 15h00 environ, le paquebot sombre à jamais au large de Belle-île par 80m de fond à la position 47°07'831 - 003°11'446 (E50). L'épave est répertoriée par le Shom sous la n° 14573-294

Cabine à deux lits
Cabine de luxe
Fumoir 1ère classe
Hall des 1ère classe
Salon d'une cabine de luxe
Salon des dames
Salon des dames
Salon de musique
Salon de musique
Salle à manger 1ère classe
Salle à manger 2ème classe
Salon des dames

Après la perte de ce navire, la "compagnie belge maritime du Congo" fera construit en 1922, un second paquebot qui portera le nom de "Elisabethville 2" qui juge 8178 tonnes. Il sera construit également au chantier naval John Cockerill à Hoboken. Il naviguera jusqu'en 1949 sous les couleurs de la compagnie avant d'être vendu.
Il y aura un troisième "Elisabethville" jaugeant 10350 tonnes, qui sera mis en service en 1949 et effectuera le même trajet que ses prédécesseurs, mais en seulement deux semaines. L'Elisabethville 3 fera parti d'une série de trois paquebots, l'Albertville 6 et le Léopoldville 6 qui assureront le trafic maritime entre la Belgique et le Congo jusqu'à son indépendance en 1960.

Pour en savoir plus sur la Compagnie Belge Maritime du Congo

Document d'époque relatant le torpillage de l'Elisabethville (Archives Départementales du Morbihan)