L'histoire de ce navire débuta à la fin du XIXème siècle dans les faubourgs de Nantes. A cette époque, un grand nombre de chantiers navals fleurissent sur les bords de la Loire. Une activité importante dans le domaine de la construction, principalement, des navires de commerce et parfois de guerre, était regroupée autour des agglomérations de St Nazaire et de Nantes.
Les plus grands sont: "les Chantiers de la Loire", "Dubigeon", "les Chantiers Nantais de Chantenay", "Le Brosse & Fouché". On compte également plus de 40 autres chantiers dans la seconde moitié du XIXème sur ce secteur.
Cette "prolifération" est dûe, pour une part, à la présence sur Nantes, de riches armateurs qui, dans un premier temps effectuaient du négoce pour le compte de la compagnie des Indes, puis, pour celui des négriers avec la traite des esclaves, et enfin pour l'approvisionnement de l'industrie régionale et nationale (Nantes est le premier port pour l'importation du phosphate).
D'autre part, la mise en place de la loi en 1883 ayant donné naissance à un système de primes à la construction navale et celle de 1893 avec les lois sur les primes à la navigation, dynamisent ce secteur d'activités.

Les chantiers de la Loire créés en 1881 après le rachat des établissements "Jollet et Babin", s'installent sur la Prairie-au-duc. Ils ont l'avantage sur Dubigeon, de posséder un outillage neuf et une capacité de production bien adaptée à la construction moderne notamment dans le domaine de la mécanique et des navires de pointe. De 1889 à 1895, 4 navires furent lancés par ce chantier
1889 : Marie-Alice - 1891 : Marguerite-Elise - 1895 : Colbert - 1896 : Jean Baptiste

Puis la construction en série fut commencée en 1897 .
C'est le cas de ces huit navires, le premier fut lançé le 5 avril 1898 et le dernier le 27 juin 1899
Général de Charette - Mac Mahon - Général de Boisdeffre - Bourbaki - Maréchal Davaut - Maréchal Lannes - Maréchal de Villars - Maréchal de Turenne .

En tout, 39 navires furent lancés par les Chantiers de la Loire pour des armateurs de Nantes. La succursale à Saint-Nazaire lança 21 navires, des trois mâts barque et des trois mâts carrés de 1899 à 1901 ( Cassard, Noémi Marie, Brenn, Ch.Gounod, Dupleix, Ed. Rostand, Fervaal, Jane Guillon,
Belen, Brizeux, François, Gaël, Bonchamp, Haudaunine, Jean, Laënnec, Michelet, Vauban, V. De St Nazaire, René).
Les chantiers de la Loire fusionnent en 1914 avec Dubigeon et deviennent "les anciens Chantiers Dubigeon".
Mais en 1902, une crise s'amorce. En effet, une loi nouvelle sur la marine marchande favorise la construction des vapeurs, au détriment de celle des voiliers. Du même coup, un bon nombre de chantiers ouverts après 1893, dans la période d'euphorie, ferment les uns après les autres


Le "Bourbaki" ainsi que ces sister-ship avait les caractéristiques suivantes:
Longueur : 79m54 - Largeur : 12m26 - Creux : 7m29 - Surface de voilure : 2631 m² - Tirant d'eau : 6m20
3110 tonneaux pour 2297 tonnes de jauge brut - Gréés en 3 mâts à coffre.
Pour en savoir beaucoup plus sur l'histoire de la construction navale à Nantes, vous pouvez consulter l'excellent site "classes belem 44"

Le "Général de Charette"
Le Bourbaki "
crédit photo "La palette Bretonne" St Malo
En arrière plan le chantier
sur l'épave du Bourbaki
Bourbaki "ponton" en action

Le destin de ce 3 mâts carré va être curieusement lié à celui d'un autre navire issu de la même société de construction navale mais des chantiers de St Nazaire le cuirassé "France".
Le "Bourbaki" devenu obsolète face à la concurrence des vapeurs, est à vendre. La société de récupération de matériaux "Neptune" qui a acheté en 1935, l'épave de la "France" qui a coulé le 26 Août 1922, acquiert le vieux 3 mâts qui est transformé en ponton pour le transport des ferrailles récupérées. Une grue y sera installée.
C'est au cours d'une tempête, le 19 Décembre 1938, qu'il coule sur son ancre devant l'entrée de Port Haliguen.

Aujourd'hui il ne reste que quelques tôles à plat au fond partiellement ensablées, orientées au 056° . La position est (E50) 47°29 365N - 003°05 854W. Il est répertorié par le Shom sous le n° 14573-130.